Mardi 27 octobre 2020
David et Goliath
Beethoven à la lumière des… Lumières par Kristian Bezuidenhout
 
Le même, pas pareil
Totale fusion
Christian Zacharias – Armin Jordan
Piano Concerto n°.4

Après le 2 et le 5 (voir ici), voici le 4, deuxième étape de l’intégrale des Concertos pour piano de Beethoven par Kristian Bezuidenhout et Pablo Heras-Casado. Comme ce concerto débute par quelques mesures au piano seul, la sensation est encore plus forte que dans l’album précédent : la sonorité du pianoforte (la copie d’un Conrad Graf de 1824), tout vivant qu’il soit, est plus proche des cliquetis d’une Underwood que des intonations pulpeuses d’un Steinway. Et puis… et puis… au fil de la partition, comme souvent, Kristian Bezuidenhout triomphe avec sa musicalité inimitable. L’instrument sans vibrato lui impose de ne pas chercher l’effusion, la lumière ou le rêve ; il joue Siècle des Lumières plus que romantisme commençant, travaille les articulations, les petits riens, ajoute des petits plus comme autant de clins d’œil ou de traits d’humour. Curieusement, Pablo Heras-Casado ne semble pas tout-à-fait dans le même esprit : à la légèreté du pianiste, il oppose un orchestre un peu bruyant, comme s’il s’agissait pour le Goliath qu’il est de déjouer les ruses du David qu’est Kristian Bezuidenhout. Dans les ouvertures qui complètent le programme (Coriolan et Les Créatures de Prométhée), la direction est là aussi un peu brutale, mais l’orchestre s’en porte bien.
Gérard Pangon

Ouverture de Coriolan ; Concerto pour piano n°. 4 ; Les Créatures de Prométhée
Kristian Bezuidenhout (pianoforte)
Freiburger Barockorchester
Direction musicale : Pablo Heras-Casado
1 CD Harmonia mundi HMM 902413
46 min

mis en ligne le mardi 27 octobre 2020

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